Geneviève Pettersen est née en 1982. Elle a grandi entre Québec, Jonquière, Chicoutimi, Saint-Honoré et Falardeau avant de déménager à Montréal en 2001. Après des études en sociologie des religions et en littérature à l’UQAM, elle a travaillé dans l’édition puis fait un saut en publicité. Elle tient une chronique dans La Presse+ sous le nom de Madame Chose et collabore à différents magazines. La déesse des mouches à feu est son premier roman. (Source: Le Quartanier)
La grande question : pourquoi écrivez-vous?
Parce que je ne sais rien faire d'autre. Sans blague, j'écris surtout parce que je suis une fille formidablement solitaire et casanière et que l'écriture embrasse parfaitement ces traits de ma personnalité. Je serais incapable de faire du 9@5 entourée de collègues avec toutes les contraintes et la diplomatie que cela implique. Je le sais, je l'ai déjà essayé et ça m'a rendu très malheureuse.
À quel moment avez-vous commencé à écrire, et pour quelles raisons avez-vous commencé à le faire?
J'ai toujours écrit, mais c'était plus pour m'amuser qu'autre chose. J'ai commencé à écrire sérieusement à la mi-vingtaine. D'abord, j'ai écris pour différents magazines. C'était pour gagner de l'argent. Après, j'ai eu envie de trouver ma propre voix. C'est là que j'ai inventé Madame Chose. Ce blogue m'a permis de découvrir qui j'étais comme auteure et d'explorer cette voix que j'avais ignorée bien longtemps à force d'écrire pour des clients. C'est donc dire que sans Madame Chose, pas de Déesse des mouches à feu.
Quelles sont vos thématiques préférées?
Le territoire, la famille, la transmission, la solitude, l'enfermement, l'exaltation et la violence des milieux et des hommes.
Quel est l’objectif que vous tentez d’atteindre en travaillant un texte?
Écrire pour moi c'est avant tout une question de sonorité, de «beat». Je suis un peu obsédée par la langue de mes personnages. Je me demande sans cesse si elle est juste et si elle les représente bien. Je passe mon temps à lire et à relire ce que j'écris à voix haute pour voir si ça sonne bien. Si je ne peux pas entendre mes personnages me parler, si leur voix est en décalage par rapport à l'histoire que j'ai inventée, alors j'efface tout et je recommence parce que ça veut dire que c'est raté. L'objectif de mon écriture, c'est ce sentiment de vérité qu'on doit ressentir à la rencontre de mes personnages et des histoires que je raconte.
Vous arrive-t-il de procrastiner alors que vous devriez plonger dans l’écriture?
Pour moi, la procrastination est intimement liée au processus d'écriture. C'est impossible pour moi de m'assoir devant mon ordinateur huit heures de temps. J'étouffe. Je dois absolument faire autre chose si je ne veux pas avoir l'impression d'être prisonnière de mon texte. J'ai eu mes meilleures idées en brassant une sauce à spaghetti ou en écoutant la télévision. Parfois, j'ai besoin de laisser mariner les mots un peu avant d'y revenir. Procrastiner me permet de laisser mon texte de côté pour mieux y revenir. De retour devant mon écran après une séance de «chat» Facebook ou quatre épisodes de Happy Valley, je suis prête à recommencer et j'y vois plus clair.
Quels sont les écrivains qui vous ont influencé(e), ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Anne Hébert, David Vann, Zadie Smith, Donna Tartt, Marie-Claire Blais, Félix-Antoine Savard, Samuel Archibald, Marie Ugay, Josée Yvon, Raymond Bock, Michel Tremblay, Fanny Britt, François Rioux et Patrick Brisebois.
Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver cela mauvais?
Tout le temps. Je crois qu'un des plus grands pièges, pour un écrivain, c'est de penser que tout ce qui sort de sa tête est forcément bon. Kill your darlings, disait Faulkner. Il n'y a pas meilleur conseil pour celui qui écrit, je pense.
Croyez-vous plus au talent ou à la technique?
Je crois au talent et à la technique mais je crois surtout au travail et à l'humilité. Écrire, pour moi, c'est un travail. Le talent y est pour quelque chose, c'est clair, mais le travail et la rigueur sont encore plus importants que lui.
Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif?
NON
Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Non seulement je l'accepte mais il le faut. Le travail de l'éditeur sur le texte d'un auteur est très important. J'aime voir mon éditeur comme un coach de hockey : il ne compte pas à ma place mais il me force à travailler fort dans les coins.
Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Forcément. Je ne crois pas qu'un texte puisse être totalement détaché de l'expérience de celui qui l'écrit, ne serais-ce que parce que tout ce qu'on raconte passe automatiquement par le filtre ne notre interprétation.
Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Non seulement je l'accepte mais il le faut. Le travail de l'éditeur sur le texte d'un auteur est très important. J'aime voir mon éditeur comme un coach de hockey : il ne compte pas à ma place mais il me force à travailler fort dans les coins.
Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Forcément. Je ne crois pas qu'un texte puisse être totalement détaché de l'expérience de celui qui l'écrit, ne serais-ce que parce que tout ce qu'on raconte passe automatiquement par le filtre ne notre interprétation.
Pour en apprendre un peu plus sur l'auteure, visitez le site web de Madame Chose

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire