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mercredi 1 octobre 2014

Entrevue avec Danielle Goyette

«Quand j’écris, je ressens du bonheur, de la satisfaction et le sentiment que je fais ce pourquoi je suis née.» ― Danielle Goyette

La grande question : pourquoi écrivez-vous?
Parce que c’est ainsi depuis que je suis toute petite. Quand j’étais toute jeune, en sortant de la bibliothèque avec ma mère, alors que j’avais une grosse pile d’albums jeunesse dans mes mains, je lui ai dit : « Un jour, ce sera mon nom qu’il y aura sur la page couverture! » Si je n’écris pas, ça me crie dans le ventre de le faire. Quand j’écris, je ressens du bonheur, de la satisfaction et le sentiment que je fais ce pourquoi je suis née. J’ai toujours gagné ma vie avec ma plume que ce soit comme auteure ou comme journaliste ou comme rédactrice publicitaire.

À quel moment avez-vous commencé à écrire, et pour quelles raisons avez-vous commencé à le faire?
J’écrivais dans le ventre de ma mère. Hihihihihi! J’ai toujours écrit dès que j’ai su mon alphabet!!! Et l’écriture a longtemps été mon ami car j’étais une fillette plutôt solitaire. Je lui confiais mes secrets. J’écrivais mon journal. De courts textes. J’en ai conservé plusieurs. J’ai vraiment toujours écrit.

Quelles sont vos thématiques préférées?
Je n’en ai pas vraiment mais les relations amoureuses m’interpellent... Caramel mou était un roman sur l’amour mais teinté d’humour et là, je suis en train d’écrire un roman d’amour « sérieux ».

Quel est l’objectif que vous tentez d’atteindre en travaillant un texte?
Qu’il me plaise d’abord, que j’aie le sentiment que je serais heureuse de le lire si je tombais sur ce roman.

Vous arrive-t-il de procrastiner alors que vous devriez plonger dans l’écriture?
Bien sûr, comme tout le monde. Actuellement, le roman que j’écris me demande beaucoup de recherche et j’y mets parfois un « peu trop de temps ». Mais comme je dois aussi travailler comme journaliste, j’essaie de ne pas trop perdre de temps quand même.

Quels sont les écrivains qui vous ont influencé(e), ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Gabrielle Roy et Annie Ernaux, notamment. J’ai même envoyé mon récit L’Absent à Annie Ernaux pour la remercier de m’avoir inspirée par la beauté de son écriture et elle a eu la gentillesse de me répondre des mots bien gentils à propos de ma plume. Cela m’a beaucoup touchée.

Que pensez-vous de la liberté de l’écrivain?
Que c’est un cadeau du ciel et que c’est merveilleux. Par contre, il faut savoir accepter de vivre de simplicité volontaire. Mon métier de journaliste pigiste contribue aussi à me donner cette liberté-là. Mais ce peut être un couteau à double tranchant car c’est aussi une vie à la situation financière précaire. Mais c’est la vie que j’ai choisie et je ne le regrette pas du tout. J’ai souvent le sentiment de profiter de la vie plus que la plupart de mes ami(e)s qui ont un travail à temps plein et tout le stress étourdissant qui vient avec. Quand j’étais rédactrice publicitaire, je vivais tout ce stress et il ne me manque PAS DU TOUT!

Quel est le moteur de votre inspiration?
TOUT! Je suis très observatrice. J’observe les gens, la nature, les animaux, les plantes, je lis, j’apprécie les auteurs qui jouent avec les mots beaucoup plus que ceux qui savent tout simplement bien raconter sans soigner leur plume. Je me branche sur mes émotions, sur les émotions des autres. J’écoute, j’absorbe comme une éponge. Tout cela m’inspire. Mes souvenirs de voyages me servent aussi beaucoup d’inspiration pour le roman que je suis en train d’écrire.

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver cela mauvais?
Certaines parties, mais oui, bien sûr, peut-être pas « mauvais » mais ayant besoin de réécriture disons!

Croyez-vous plus au talent ou à la technique?
Pour moi, les plus grands écrivains n’ont pas une technique mais un immense talent! Le plus beau roman n’est pas écrit grâce à une technique mais il est plutôt porté par la grâce de celui qui l’a écrit avec son talent, avec son âme, avec ce qu’il a dans le ventre et le coeur. La technique permet d’écrire un roman comme trop de gens en écrivent. Un véritable écrivain écrit un roman comme nul autre ne l’a fait et il n’a pas besoin de suivre des cours de technique pour cela, selon moi. Sinon, ça fait un livre formaté qui se perd dans la mêlée.

Avez-vous eu de la difficulté à trouver un éditeur pour votre tout premier ouvrage? et pour les ouvrages subséquents?
Non, j’ai été chanceuse. Quand Jean-Claude Larouche a reçu L’Absent, il m’a appelé très rapidement et m’a dit « J’ai le sentiment que si je ne publie pas votre livre, je vais toujours le regretter. Depuis que je vous ai lue, je me demande si j’ai été un bon père avec mes filles. » Quant à Caramel mou, il avait été accepté par trois éditeurs en même temps. Pour la collection Québec insolite, elle m’a été proposée par l’éditeur Michel Quintin. Il y a un roman que j’ai écrit avec ma sœur qui a été refusé, mais certains éditeurs qui me connaissent ont eu la gentillesse de me donner leurs commentaires constructifs. Nous allons le retravailler en conséquence.

Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif? Ça ne me dérange pas.

Quel est ce qui vous pose le plus de difficulté au moment de l’écriture?
Actuellement, c’est d’être fidèle et précise avec les détails de lieux et des faits que je décris. La chronologie peut aussi parfois être un problème que je dois surveiller et qui m’embête souvent.

Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Bien sûr, s’il me démontre et que je sens que cela va améliorer la qualité du roman.

Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Oui, mais je m’amuse aussi à y glisser une tonne de faits fictifs pour brouiller les cartes. J’y greffe des gens de mon entourage en changeant les noms, mes chats, certains moments de ma vie, mais aussi des êtres inventés de toute pièce et des faits que je n’ai pas vécus.

Planifiez-vous votre écriture ou si vous vous laissez porter par elle?
Les deux. J’aime laisser monter l’émotion et la laisser me pousser à écrire les mots qu’elle m’inspire.

Quelle est l’ambiance de travail dont vous avez besoin pour vous plonger dans l’écriture?
Je pourrais écrire dans un lieu très animé sans problème. J’ai un grand pouvoir de concentration, acquis en ayant travaillé au cœur d’une station de radio hyper animée! Mais j’aime bien la tranquillité de mon bureau (tout nouveau parce qu’on vient d’aménager à la campagne). La fenêtre ouverte, du bon air pur, une trame musicale que je me suis créée spécialement pour l’écriture de ce roman. Et mon gros chat Marcel Nush endormi sur moi.

Faites-vous usage d’ouvrages de référence lorsque vous travaillez vos textes, si oui quels sont-ils et pourquoi les préférez-vous aux autres?
Mes documents de presse, des encyclopédies, dictionnaire des synonymes, Internet et dictionnaire des cooccurrences.

Éprouvez-vous parfois des pannes d’inspiration?
Non, je manque plutôt de temps pour écrire tout ce que j’ai en tête!!!!!

Quel est le point commun, selon vous, de tous vos écrits?
Les émotions à fleur de peau des protagonistes.

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte?
La qualité et la beauté de l’écriture, de faire en sorte que le lecteur soit charmé par le jeu des mots, l’émotion que font naître les mots.

Écrivez-vous dans la douleur ou dans la joie?
Les deux, selon ce que j’écris. L’Absent portait beaucoup de douleur, Caramel mou beaucoup de joie!

Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits?
Oui bien sûr. Mais jusqu’à maintenant, j’ai été chanceuse car mes livres n’ont eu que des critiques positives. Je me croise les doigts pour le prochain.

Comment définiriez-vous votre style d’écriture?
Un grande bouffée d’émotions.

Que pensez-vous de vos premiers ouvrages publiés?
J’en éprouve une grande fierté et beaucoup d’humilité aussi.

Y a-t-il des manuscrits qui dorment dans vos tiroirs? Pourquoi les y laissez-vous?
Oui, bien sûr! Parce que certains n’ont pas de raison d’être publiés, d’autres ne sont pas encore maîtrisés, d’autres (livres jeunesse notamment) n’ont pas été acceptés parce que je n’avais pas la plume pour cela… J’ai aussi tenté d’écrire des scénarios d’émissions jeunesse et j’ai finalement compris que ce monde n’était pas pour moi, ni l’écriture de scénario, trop « rationnelle », alors que j’aime jouer avec les mots.

Complétez à votre guise l’énoncé suivant : « Écrire c’est… »
…un cadeau de la vie.

À quoi reconnaît-on, selon vous, un grand écrivain?
Par la différence unique et la grande beauté de sa plume.

Merci pour cet entretien, Danielle!

Pour en apprendre un peu plus sur l'auteure: 

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merci de le partager sur les réseaux sociaux. J


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