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samedi 1 février 2014

Entrevue avec Marie Larocque

«Je suis horriblement critique envers moi-même et franchement, je passerais volontiers ma vie à plancher sur le même texte pour savoir si la satisfaction pure existe.» — Marie Larocque

Marie Larocque est enseignante, blogueuse et, surtout, bourlingueuse. Son premier roman, Jeanne chez les autres (Tête première, 2013), a été finaliste du Grand Prix littéraire Archambault et du prix France-Québec. (Source: VLB Éditeur)

La grande question : pourquoi écrivez-vous?J’écris parce que je ne sais ni jouer d’un instrument ni tenir un pinceau. Je pourrais toujours chanter, mais on souhaite ça aux oreilles de personne. Bref, me reste la plume pour m’exprimer…

À quel moment avez-vous commencé à écrire, et pour quelles raisons avez-vous commencé à le faire?
J’ai commencé à écrire aussitôt que j’ai su aligner deux mots. Mon premier livre s’intitulait Le cerf volant; c’était l’histoire d’un gamin rebelle qui n’écoutait personne et qui l’a payé en grillant son cerf volant dans les fils électriques. La raison? Elle est toute simple. Ma mère lisait tout le temps et j’avais envie de lui offrir un livre. Or, vu mes moyens de l’époque – j’avais 7 ou 8 ans –, je l’ai écrit, édité et relié moi-même.

Quels sont les écrivains qui vous ont influencée, ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Romain Gary m’a toujours impressionnée. Je trouve proprement incroyable qu’un auteur possède autant de voix différentes, et j’en suis parfaitement jalouse.

Que pensez-vous de la liberté de l’écrivain?
La liberté de l’écrivain? Aucune idée. Mais la liberté de ma personne est fondamentale, et je pousse le bouchon aussi loin que possible. Ce n’est pas tant une philosophie de vie qu’une incapacité viscérale à me sentir forcée ou enchaînée.

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver cela mauvais?
Ça m’arrive tout le temps. Je suis horriblement critique envers moi-même et franchement, je passerais volontiers ma vie à plancher sur le même texte pour savoir si la satisfaction pure existe. Mais j’en doute en crisse. (Oups!)

Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif?
Jamais de la vie!! La seule chose que je peux écrire devant d’autres yeux que les miens, c’est une liste d’épicerie. Et encore, ça dépend de ce qu’il faut que j’achète…

Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Complètement. Quand l’imagination est passée à la pouponnière, j’étais déjà partie. Je suis donc parfaitement incapable d’inventer une histoire. J’adorerais pourtant être créative, mais bon… Ce sera pour une autre vie?

Quelle est l’ambiance de travail dont vous avez besoin pour vous plonger dans l’écriture?
N’importe quelle ambiance me va. Je n’ai besoin ni d’isolement ni de silence (j’ai eu trop d’enfants pour savoir ce que c’est, anyway), je peux très bien écrire dans le chaos et le bruit. En revanche, me parler si je suis au milieu d’une phrase comporte certains risques. J’ai l’air ben gentille vite de même, mais c’est vraiment pas une bonne idée de me couper dans mon élan…

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte?
Le rythme, le rythme et encore le rythme. Disons que je passe beaucoup plus de temps à ajuster la ponctuation qu’à chercher des synonymes. Parce que j’ai une sainte horreur des textes qui manquent de souffle.

Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits?
Ça dépend de qui elle vient. Je pense entre autres à deux personnes qui trouvaient mon écriture nulle de chez nul; je ne les nommerai pas, mais les deux écrivent, les deux sont poches (de chez très très poche), alors ça m’avait franchement fait rigoler, dans le temps.

Cela dit, je n’ai pas encore vraiment essuyé une critique négative digne de ce nom. Ça va bien finir par arriver, que je me dis, et j’en tremble d’avance? Mais pour l’instant, tout va comme sur un nuage et je tripe raide!

À quoi reconnaît-on, selon vous, un grand écrivain?
Certainement pas toujours à son compte en banque… ;-)

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