Kim Thúy a quitté le Vietnam avec les boat people à l'âge de dix ans. Elle vit aujourd'hui à Montréal et se consacre à l'écriture. Ru, son premier livre, est paru aux Éditions Libre Expression en octobre 2009. Best-seller au Québec et en France, ce livre a vu ses droits vendus dans vingt pays, en plus d'avoir été finaliste de plusieurs prix littéraires, dont le Prix des cinq continents de la francophonie 2010 et le Grand Prix littéraire de la relève Archambault. Il a obtenu le prestigieux prix du Gouverneur général 2010, le grand prix RTL-Lire 2010 et le grand prix du Salon du livre de Montréal 2010. Son deuxième livre, À toi, coécrit avec Pascal Janovjak, est paru en septembre 2011 chez Libre Expression. Sa dernière parution, mãn, a quant à elle été publiée en 2013. (Source: Libre Expression)
Quelles sont vos thématiques préférées?
La délicatesse. J’aime parler de la délicatesse et ce, dans tous les sens du terme. Elle exige l’attention que nous accordons aux gens. Alors, elle nous fait parler des autres, de ceux qui nous entourent.
Quel est l’objectif que vous tentez d’atteindre en travaillant un texte?
Je n’ai jamais d’objectif. Dans mon cas, l’écriture est un plaisir coupable car purement égoïste.
Vous arrive-t-il de procrastiner alors que vous devriez plonger dans l’écriture?
Je fais plus que procrastiner. J’aime lire le dictionnaire alors je me perds souvent entre les mots quand je l’ouvre. Je peux y rester prise pendant très longtemps.
Quels sont les écrivains qui vous ont influencé(e), ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Il y a tant d’écrivains et d’écritures différentes qui m’ont construite et formée et accompagnée. Impossible d’en nommer un plus que d’autres. Parfois, je suis influencée par une seule phrase d’une seule chanson. Cette phrase pourrait être aussi marquante que tout un livre.
Quel est le moteur de votre inspiration?
Une muse, quelqu’un à qui j’ai envie de raconter mes histoires.
Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver cela mauvais?
Je jette facilement 75% de ce que j’écris. Alors oui, le bouton ‘delete’ est souvent utilisé.
Croyez-vous plus au talent ou à la technique?
Les deux vont de pair. L’un ne peut pas exister sans l’autre. Un auteur qui ne possède pas sa langue n’a pas d’outils pour s’exprimer.
Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif?
Oui, j’adore! Deux têtes valent toujours mieux qu’une seule. Or, j’écris très lentement alors je ne crois pas qu’il existe une personne assez patiente pour me regarder pondre les mots un à la fois.
Quel est ce qui vous pose le plus de difficulté au moment de l’écriture?
La chaise!!! Je n’ai pas encore trouvé une chaise qui me va alors l’inconfort à la longue peut rendre l’écriture un peu périlleuse. Mais, ce n’est pas grave: j’écris parfois debout.
Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Pas seulement retoucher mais CORRIGER/ÉDITER. J’ai besoin de ce regard de l’extérieur. Mon texte ne devient livre qu’avec le travail de l’éditeur.
Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Oui! Ma vie est une fiction, selon ma mère. Donc, l’auto-fiction commence bien avant le premier mot tapé sur le clavier.
Quelle est l’ambiance de travail dont vous avez besoin pour vous plonger dans l’écriture?
Le silence car j’ai besoin d’entendre la musicalité des mots. Alors pas de radio ni de musique le plus possible.
Avez-vous un lieu ou un rituel d’écriture en particulier?
Avez-vous un lieu ou un rituel d’écriture en particulier?
J’écris vraiment n’importe où...dans une salle de cours de karaté de mon fils, à l’aéroport, à côté du four...
Lorsque vous travaillez un texte, et que vous en faites relecture, après le premier jet, tranchez-vous généralement dans le texte, à cette étape du travail, ou si, au contraire, vous avez tendance à en rajouter pour préciser, mieux camper les atmosphères etc.?
Je me corrige à chacune des relectures et je me relis du début presque à tous les jours.
Quel est le point commun, selon vous, de tous vos écrits?
Le bonheur d’avoir vécu un moment de grâce.
Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte?
La fluidité, la légèreté...et l’invisibilité du travail.
Écrivez-vous dans la douleur ou dans la joie?
Dans la JOUISSANCE.
Quelles sont les erreurs que vous avez commises dans vos premiers textes, et que vous vous gardez bien de commettre encore?
Chaque livre correspond à un moment ou a son moment. Il est impossible pour moi de répéter. Ceci dit, je n’ai qu’une seule plume... Donc, peut-être que je me répète sans le savoir.
Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits?
J’adore lire les critiques. Elles m’apprennent beaucoup sur mes faiblesses. Alors, oui, je les lis et les relis et garde en mémoire tous les éléments importants. Aussi, quand le texte est beau, je l’apprends par cœur. Les critiques littéraires sont d’abord et avant tout des auteurs. Alors, ce n’est pas étonnant que leurs textes soient sublimes par moments.
Comment définiriez-vous votre style d’écriture?
Légère.
Lorsque vous êtes en processus d’écriture, lisez-vous d’autres auteurs sur le sujet qui vous préoccupe?
Oui, je suis une ancienne avocate. Donc, beaucoup de recherche pour appuyer tout ce que l’on avance. Ah, on ne s’échappe pas de ces années formatives.
Pour en savoir un peu plus sur cette auteure, visitez le site de Libre Expression
Pour en savoir un peu plus sur cette auteure, visitez le site de Libre Expression

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire