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mardi 15 octobre 2013

Entrevue avec Marie Potvin

Marie Potvin (Crédit photo: Studio Humanoïd)
« Il est si facile de s’égarer vers une histoire qui n’aurait, au final, ni queue ni tête. On ne peut donc pas que suivre notre bon plaisir.» — Marie Potvin

La grande question : pourquoi écrivez-vous?
Pour m’accomplir et donner tout ce que j’ai.

À quel moment avez-vous commencé à écrire, et pour quelles raisons avez-vous commencé à le faire?
Il est venu un jour où je me suis sentie acculée au pied du mur, je ne pouvais plus seulement « y penser », il fallait que j’agisse. J’ai donc éteint ma télévision, je me suis assise au clavier et je n’ai jamais arrêté depuis ce fameux soir d’avril 2009 où j’écrivais la première scène de « Les Héros, ça s’trompe jamais ».

Quel est l’objectif que vous tentez d’atteindre en travaillant un texte?
Encore et toujours, provoquer chez le lecteur (souvent lectrice dans mon cas, on ne se le cachera pas) des émotions troublantes. Je me spécialise dans le roman sentimental, donc, réussir à mener à bien des intrigues amoureuses palpitantes constitue mon plus grand défi.

Avez-vous une obsession liée à l’écriture?
À l’écriture comme telle, oui. J’y pense constamment, j’écris dans ma tête à toute heure du jour. Je vois les scènes défiler comme dans un film. De nouvelles idées surviennent en « flash » quotidiennement. Obsession ou passion? C’est difficile à déterminer…

Vous arrive-t-il de procrastiner alors que vous devriez plonger dans l’écriture?
Souvent! Ma cuisine devient brillante de propreté quand je me retrouve dans une impasse. Aussi, je suis loin d’être une sainte lorsqu’il s’agit de flâner sur Internet. D’un autre côté, c’est grâce à Internet si j’ai été « découverte ».

Quels sont les écrivains qui vous ont influencé(e), ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Marie Laberge, Katherine Pancol, Jane Austen, Jennifer Crusie, Kristan Higgins, Suzanne Brockmann, Sophie Kinsella, Jeff Balek. Et j’en passe…

Que pensez-vous de la liberté de l’écrivain?
Elle est douce et terrible à la fois. Écrire un roman est un acte sans contrainte, puisque nous sommes le seul « patron » de nos décisions. Toutefois, si nous souhaitons arriver à un texte « abouti » et passionnant pour le lecteur, les bonnes décisions s’imposent et ce, tout au long de l’écriture. Cette liberté est donc à double tranchant. Il est si facile de s’égarer vers une histoire qui n’aurait, au final, ni queue ni tête. On ne peut donc pas que suivre notre bon plaisir (dans ce cas, aussi bien s’en tenir au journal intime). Je travaille souvent sans plan détaillé. La liberté que ça me procure est un avantage, mais aussi un risque. Je m’épuise souvent les neurones!

Quel est le moteur de votre inspiration?
Les histoires de courage, les gens qui ont osé changer leur vie m’inspirent beaucoup. Non pas pour les réécrire, mais bien pour alimenter mes intrigues d’émotions nouvelles.

Croyez-vous plus au talent ou à la technique?
Je crois au travail acharné, à l’ouverture d’esprit et à la passion. Le talent, c’est cette force supplémentaire qui facilite le travail et la technique, c’est le moteur pour se faire comprendre.

Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif?
Toujours. J’ai d’ailleurs une collaboratrice, la merveilleuse auteure Catherine Bourgault, pour ne pas la nommer, qui me suit depuis deux ans. Nous travaillons de concert sur nos textes respectifs, effectuons mutuellement la relecture et réalisons un travail « amical » de direction littéraire l’une pour l’autre. Ce genre de partenariat entre auteurs est difficile à trouver et à entretenir. Il faut partager une vision commune de ce qu’est un bon manuscrit, avoir une chimie incroyable, laisser tomber nos egos d’auteurs et accepter la critique. Recevoir les notes de révision donne un souffle nouveau à ma motivation. Ça me pousse à me dépasser.

Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Si l’on souhaite publier, c’est un passage obligé et je le prends comme une opportunité d’améliorer mon travail. Un bon éditeur se donne la mission de présenter au public un texte de qualité qui sera apprécié. C’est un travail d’équipe. Publier un livre est un acte commercial, on a tendance à l’oublier. Retoucher ne veut pas dire « refaire ou dénigrer » le travail de l’auteur, mais bien « améliorer, clarifier, polir ».

Une part de votre écriture est-elle autofictive?
Surtout au début. On suggère, non sans raison, aux auteurs d’écrire sur des sujets qu’ils connaissent. On connaît notre vie, nos propres aventures, problèmes etc… Je considère que c’est une bonne base pour commencer un texte. Sans aller jusqu’à faire notre autobiographie, des bribes de vécu peuvent servir de piliers. Ensuite on invente, on sort de la boîte, on crée un nouveau monde.

Quelle est l’ambiance de travail dont vous avez besoin pour vous plonger dans l’écriture?
Je n’ai pas besoin de rituels particuliers. Si c’était le cas, je n’aurais pas écrit grand-chose à ce jour! J’ai souvent travaillé mes textes avec mes jeunes enfants qui tournoyaient autour de moi. Quoique je remarque que ces derniers temps, je deviens plus douillette, j’ai besoin de calme. Ça doit être l’âge…

Lorsque vous terminez l’écriture d’un manuscrit, êtes-vous déjà prêt à vous lancer dans l’écriture du prochain?
J’ai toujours plusieurs projets de débutés, laissés de côté parce que je me concentre sur celui qui presse le plus. Donc, effectivement, dès que je termine un manuscrit, j’en ai un autre qui m’attend. Je ne prends jamais de vraie pause. Il y a toujours une ébauche qui habite mon esprit et qui m’occupe au clavier.

Quel est le point commun, selon vous, de tous vos écrits?
La romance.

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte?
Le développement d’une intrigue qui empêchera le lecteur de dormir (façon de parler) jusqu’à ce qu’il soit arrivé à la fin.

Quelles sont les erreurs que vous avez commises dans vos premiers textes, et que vous vous gardez bien de commettre encore?
Dans les versions initiales de mon premier roman, j’avais plusieurs scènes inutiles que j’avais écrites simplement parce que je les trouvais « cool », pensant ainsi agrémenter mon manuscrit d’une atmosphère plaisante. En réalité, ces pages ne faisaient qu’alourdir la lecture. Ces scènes ont depuis longtemps été coupées au montage!

Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits?
J’y suis sensible, mais je ne m’attends pas à plaire à tous. La critique sert à pointer les choses à améliorer. On préfère tous se faire lancer des fleurs, mais parfois, les commentaires sévères nous servent mieux que les louanges.

Comment définiriez-vous votre style d’écriture?
Moderne, familier, vrai.

Y a-t-il des manuscrits qui dorment dans vos tiroirs? Pourquoi les y laissez-vous?

J’en ai plusieurs. Seul le manque de temps me force à les laisser de côté.

Complétez à votre guise l’énoncé suivant : « Écrire c’est… »

 … faire de la magie.

Merci Marie pour cette entrevue!

Pssstt! Vous avez un site web officiel? www.mariepotvin.com 

Psstt! Si vous avez apprécié ce billet, 
merci de le partager sur les réseaux sociaux. J

1 commentaires:

Marie-France Cyr a dit…

Lire un roman de Marie Potvin est un véritable régal ! Inspirante, cette entrevue ! Merci...

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