La grande question : pourquoi écrivez-vous?
Par mimétisme (les livres que j’ai lus et que j’aurais voulu avoir écrits – même quand j’avais 14 ans ). Par une espèce de nécessité qui ne tient pas du « je veux m’exprimer », mais plutôt du « je veux faire », je veux « accumuler de l’œuvre », je veux « voir jusqu’où je peux aller ».
À quel moment avez-vous commencé à écrire, et pour quelles raisons avez-vous commencé à le faire?
J’ai écrit mes premiers poèmes, en me disant qu’il ne s’agissait pas d’exercices scolaires mais quelque chose d’autre, dans un réel désir d’« écrire », comme lorsque je dessinais pour moi-même – car j’avais un réel talent pour le dessin – et non pour le cours d’art plastique à l’école, avec un désir de « faire », comme je l’ai dit plus haut, vers l’âge de 13 ans. J’ai commencé à écrire – de la poésie – on commence pas mal tous comme ça -, car ça me semblait la chose logique (et « artistiques ») à faire. L’envie d’écrire m’est venue, comme ça, naturelle pourrait-on dire, à partir du moment où j’ai commencé à lire. (Pendant me deux seules années de Cours classique, je suis tombé sur Verlaine et Rimbaud, dont je n’ai lu que quelques poèmes, mais qui ont déclenché quelque chose en moi.) De plus, comme je le disais en 1., j’y ai été par mimétisme, par petits plagiats aussi, j’aurais voulu faire du X***, du Y***, selon mes lectures du moment. Mon premier recueil, à 15 ans, je l’ai fait après une lecture du Je de Denis Vanier qui, à 15 ans et demie, avait été nommé « le plus jeune poète canadien-français ». Je voulais lui ravir le titre. Heureusement que ce recueil – dont je n’ai rien conservé – a été refusé (par l’éditeur de Vanier !
Quelles sont vos thématiques préférées?
Je n’ai pas de « thématiques » préférées. J’écris à l’instinct. Bien sûr, tout au long de ma carrière (j’en suis maintenant rendu à un moment où je peux utiliser ce mot !), j’ai travaillé sur le corps, le désir, la sexualité, etc. À force d’écrire, les thèmes ont… comment dire ?... reculé dans le texte. Dans ma poésie, dorénavant (mais il faudrait demander aux spécialistes) il n’y a plus de véritables « thème », mais plutôt un tissu de choses observées, dites, transposées, interprétées : j’interprète le réel, bien qu’en poésie je l’interprète avec l’outil « tordeur » du surréalisme (à la Des Roches, bien entendu).
Quel est l’objectif que vous tentez d’atteindre en travaillant un texte?
Quel est l’objectif ? Écrire le meilleur texte possible ? Me surprendre ? (Savoir que je surprends les autres ? oui, toujours surprendre les autres, les étonner, leur couper le souffle si possible.) Ouvrir des portes, découvrir des territoires que je n’ai pas encore explorés ? Je veux que mon texte soit original, que, si bien sûr il sera la suite logique des textes qui l’auront précédé, il ne les reproduise pas bêtement.
Avez-vous une obsession liée à l’écriture?
Je ne sais pas si la multiplication des cahiers, des plumes, des rituels (qui ne fonctionnent jamais, en fait, pour ce qui me concerne) tombent dans la catégorie « obsession », mais ce serait ici ma seule obsession : vouloir me doter d’outils qui, par « magie », amènerait le texte à s’écrire… tout seul.
À quoi correspond, selon vous, le rôle social de l’écrivain?
Hum… Tout dépend de l’auteur, si l’on résume cette idée de rôle social à celui de la revendication, de la défense, de la dénonciation, de l’analyse. La question demeure pour moi difficile à cerner et à répondre. Ce que j’en sais, c’est que la poésie dite « politique » demeure la plus banale et la plus faible qui soit. Et puis, il y a l’homme et l’œuvre : l’implication de l’écrivain dans le débat social, hors de ses textes, relève du personnel. L’écrivain n’a pas, à mon avis, de rôle à jouer (dans le sens de l’expression anglaise « role model ». responsabilité attribuée à tort aux vedettes populaires de tout acabit). Il n’a pas à éduquer. S’il le fait – volontairement ou pas – et que son texte échappe au prêchi-prêcha, à la bonne heure ! Mais l’écrivain n’a pas plus de rôle social que n’ont monsieur et madame Toutlemonde. L’écrivain a la responsabilité de viser la plus grande qualité dans ses textes. C’est un métier. Écrire est un métier qu’on doit faire le plus professionnellement possible. Au niveau personnel : cohérence de valeurs entre sa pensée et ses textes et ses gestes personnels et publics. Comme pour tous et chacun.
Vous arrive-t-il de procrastiner alors que vous devriez plonger dans l’écriture?
Je procrastine sans arrêt. Je n’ai aucune discipline. Mon métier de typographe – et l’obligation d’en tirer un revenu raisonnable – m’oblige a travailler presque sept jours sur sept. Les plages d’écriture sont rares. À chaque fois que je dois me mettre à l’écriture, j’ai la peur au ventre, je sais que ça ne fonctionnera pas, que je n’écrirai que du banal, je dois faire des efforts considérables pour m’y remettre psychologiquement et me remettre – presque physiquement – dans mon texte. Alors… je retarde l’échéance.
Quels sont les écrivains qui vous ont influencé(e), ou vous influencent encore beaucoup aujourd’hui?
Denis Vanier, Claude Péloquin (à ma grande honte, mais il faisait de bons poèmes en 1965), André Breton, Tristan Tzara, Henri Vernes, Isaac Asimov, Jack Vance, Huguette Gaulin, Philippe Sollers, Kafka, Nicole Brossard, Paul-Marie Lapointe, Stephen King, Peter Straub, etc., tous à des époques différents, et à des degrés différents et pour des raisons différentes. Les influences, dans mon cas, tiennent des circonstances, des « climats » personnels, des écritures en préparation ou en cours.
Que pensez-vous de la liberté de l’écrivain?
Elle demeure entière, si l’on entend par liberté celle du choix des thèmes, des idées, des mots. Tout en se rappelant que « liberté » ne signifie pas « faire n’importe quoi n’importe comment ». L’écrivain a le choix de publier ou de ne pas publier. Ici, contrairement à beaucoup d’endroits sur terre, la censure est à peu près inexistante (sauf celle du public qui, en ces temps des réseaux sociaux, partageant son outrage – justifié ou pas –, peut se manifester de manière très rude)
Quel est le moteur de votre inspiration?
Le hasard. Je ne crois pas à l’inspiration comme on la présente habituellement. Les idées viennent ou ne viennent pas (c’est-à-dire que le lien que l’on fait entre deux idées en produisant une troisième qui parfois fait avancer un texte à pas de géant). Lectures, musiques, conversations, rêves, télé, cinéma, rencontres fortuites, tout peut être un moteur à écriture.
Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver cela mauvais?
Oui. Surtout si je sors de ma « zone de confort ». En poésie, après plus de 45 ans de métier, je commence à savoir où je m’en vais et je sais la plupart du temps quand certains vers sont mauvais (sinon, mon éditeur, François Hébert, se fait un plaisir de me les souligner !). Toutefois, quand j’entreprends un autre type d’écriture, la littérature jeunesse, par exemple, et ce même si j’ai eu un très bon succès avec Marie Quatdoigts, c’est la valse-hésitation. Je recommence les pages souvent. Je juge mon projet insipide. Déjà vu. Déjà fait. C’est un forme subtile d’auto-torture.
Croyez-vous plus au talent ou à la technique?
Au talent. Sans le talent, avec toute la technique du monde, on n’obtient rien de valable, d’original, de solide. Oui, tu peux taper 1 000 mots à l’heure, mais sans cette petite étincelle qui soutient chacun de ces mots, de ces phrases, rien à faire, ce ne sera que du vide. Oui, écrire ça s’apprend (bien que je ne croie pas aux ateliers d’écriture, au « camps d’écriture » comme ça se pratique aux Etats-Unis), mais ça demande d’abord cette espèce d’aisance, d’élégance dans la pensée, puis dans le choix et l’ordonnancement des mots, toujours perfectible, que l’écrivain sait toujours perfectible. Une des caractéristiques du talent c’est le doute éternel
Avez-vous eu de la difficulté à trouver un éditeur pour votre tout premier ouvrage? et pour les ouvrages subséquents?
Non. J’ai été très chanceux. Je suis arrivé au bon endroit au bon moment. Je suis arrivé à une époque où la poésie québécoise cherchait une autre voie. Mon premier recueil est tombé entre les mains de Victor-Lévy Beaulieu, alors éditeur aux Éditions du Jour de Jacques Hébert. Il avait vu auparavant mes poèmes dans le numéro 2 des Herbes rouges et avait fait une bonne critique dans un journal dont je ne me rappelle plus le nom. Il n’existait, à l’époque (1969) à peu près aucun autre éditeur de poésie que l’Hexagone. Miron aurait peut-être accepté Corps accessoires, mais je n’en suis pas sûr. Aujourd’hui le très grand nombre d’éditeurs au Québec permet, j’en suis sûr, à moins d’arriver à un moment où les éditeurs sont submergés de textes à publier, à un manuscrit de qualité de trouver preneur. Voilà pour la poésie. Pour ce qui est de mes livres jeunesse, mon premier Marie Quatdoigts a été accepté quelques jours à peine après que je l’aie expédié chez Québec Amérique. Aurait-il été accepté ailleurs ? Aucune idée, vraiment aucune idée.
Acceptez-vous que quelqu’un lise par-dessus votre épaule lorsque vous êtes en processus créatif?
Pendant l’écriture, au moment précis où j’écris, non, car il s’agit d’un geste éminemment solitaire, mais je fais lire mes textes plus ou moins au fur et à mesure de l’écriture. Il m’arrive souvent de mettre un poème sur ma page Facebook afin de voir comment les gens réagissent. (Et je vais faire parvenir à mon éditeur la vingtaine de poèmes d’un nouveau recueil pour avoir son avis. Si jamais il me disait que j’erre, j’en serais secoué, mais il est fort possible que je respecterais le verdict et stopperais l’écriture de ce livre. Ça m’est arrivé dans les années 70. Les frères Marcel – décédé en 2007 – et François Hébert m’avaient tout simplement dit, à propos d’un petit recueil que je leur soumettais : « Des Roches, ç’a pas d’allure, c’t’affaire-là. » J’ai fait « gloups ! » et j’ai jeté le manuscrit.)
Quel est ce qui vous pose le plus de difficulté au moment de l’écriture?
À peu près tout : trouver la bonne idée, le bon mot, la bonne phrase, trouver du temps, ne pas me laisser distraire, trop douter au lieu de douter juste un peu. L’écriture demeure pour moi, malgré certains états de grâce, un combat constant.
Acceptez-vous de retoucher votre texte à la demande d’un éditeur?
Toujours. Si je suis d’accord avec la demande de l’éditeur, s’il justifie sa demande avec des arguments valables, bien entendu. Il faut demeurer humble en écriture, ne jamais oublier que nous sommes les plus mauvais critiques possibles de nos œuvres. Je respecte toujours l’opinion de l’éditeur. Le signe d’un mauvais écrivain : « Je sais ce que j’ai voulu écrire, je sais que c’est bon, pas question de changer quoi que ce soit. » Je vois trop souvent des auteurs discuter des corrections au niveau de l’orthographe et de la grammaire ; à ces gens, je dis : « Changez de job ! »
Vous arrive-t-il de vous autocensurer?
Oui. Non. J’imagine. De temps à autre. Et probablement de façon bien involontaire. Dans mes romans jeunesse, je vais tout de même choisir le « niveau » d’écriture afin de ne pas laisser les lecteurs loin derrière. Dans mon roman Boîtàmémoire (La Courte échelle, 2014), j’ai pris soin de travailler mes scènes décrivant la sexualité de mon héroïne afin d’éviter un hardcore inutile et d’ancrer la scène – qui présente les vrais mots et n’utilise pas de métaphores fleuries – dans la tendresse. Le sexe tendre et la complicité partagée.
Une part de votre écriture est-elle autofictive?
En poésie, elle l’est presque inévitablement. Mais avec, toujours, un décalage qui fera de l’anecdote un moteur à une image percutante.
Y a-t-il des sujets ou des thèmes que vous évitez d’aborder dans votre pratique?
Je n’ai jamais eu à me poser cette question (voir ma réponse en 17). Voilà bien là où l’écrivain ne doit pas s’autocensurer. Je ne fais pas non plus de romans miroirs (pas encore du moins) et je n’ai pas à me demander si l’inceste, la pédophilie, la violence faite aux femmes, la drogue, etc., doit faire l’objet d’un livre.
Planifiez-vous votre écriture ou si vous vous laissez porter par elle?
La réponse se trouve en la septième et quinzième question. Je suis incapable de faire des plans de roman (en poésie, évidemment, on oublie ça, bien que plusieurs amis poètes structurent leurs recueils, font des «projets»). Je prends des notes dans des cahiers… que j’oublie très rapidement. Quand l’écriture file, les choses se mettent en place d’elles-mêmes (ce qui veut dire : dans ma tête, je fais de l’ordre et ça fonctionne à peu près comme ça devait fonctionner).
Quelle est l’ambiance de travail dont vous avez besoin pour vous plonger dans l’écriture?
À peu près toutes les ambiances fonctionnent (ou ne fonctionnent pas) : silence, musique, solitude, foule autour (dans un café, au resto, au zinc d’un bar). Mais disons que si un poème, je peux en écrire la base n’importe où, j’ai besoin d’un peu de calme pour l’écriture d’un roman. Je prends toutefois des notes partout.
Avez-vous un lieu ou un rituel d’écriture en particulier?
Non. Voir la réponse précédente. Et, pendant que j’y pense, il m’arrive souvent d’écrire (un peu) pendant que je mets en pages un livre pour un client ou entre deux réponses de tchat sur Facebook.
Faites-vous usage d’ouvrages de référence lorsque vous travaillez vos textes, si oui quels sont-ils et pourquoi les préférez-vous aux autres?
Les dictionnaires habituels (Le Grand Robert en ligne, par exemple), le Multi de Marie-Éva de Villers, chez Québec Amérique, Le visuel de Jean-Claude Corbeil et Ariane Archambault, chez Québec Amérique également, Les Verbes logiques d’André Dugas et Hubert Manseau (Éditions Logiques, 1996, probablement introuvable aujourd’hui). Ils ont fait leur preuve. J’ai utilisé et j’utiliserai aussi parfois d’autres ouvrages pour des renseignements ponctuels (entre autres le superbe Répertoire illustré d’anatomie humaine d’Heinz Feneis (Prodim-Medsi, 1986). Et… Google.
Éprouvez-vous parfois des pannes d’inspiration?
Souvent. Voir plus haut. À titre d’exemple, je n’ai publié aucun recueil de poésie entre 1996 et 2008. J’ai écrit du jeunesse, mais j’étais en quelque sorte en panne côté poésie.
Lorsque vous travaillez un texte, et que vous en faites relecture, après le premier jet, tranchez-vous généralement dans le texte, à cette étape du travail, ou si, au contraire, vous avez tendance à en rajouter pour préciser, mieux camper les atmosphères etc.?
Les deux, selon le cas. J’ai tendance à couper (des mots surtout, les affreux adverbes et plein d’adjectifs inutiles), des phrases qui ne vont nulle part. Les ajouts, le cas échéant, viendront beaucoup plus tard… et souvent à la demande de l’éditeur.
Lorsque vous terminez l’écriture d’un manuscrit, êtes-vous déjà prêt à vous lancer dans l’écriture du prochain?
Rarement. En poésie, c’est impossible. Je ne crois pas aux recueils en file indienne. En roman, ça ressemble à ça aussi. Je peux avoir des idées, des trucs, des scènes, des machins, mais ça va aller dans mes cahiers. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais le temps (je dois travailler pour gagner ma vie, hein) et une espèce d’« épuisement » mental.
Quel est le point commun, selon vous, de tous vos écrits?
Le désir d’aller plus loin, toujours, d’étonner (je l’ai dit plus haut), de m’étonner, d’explorer et de découvrir. La volonté d’écrire de mieux en mieux.
Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte?
J’aurais tendance à répondre par une boutade qui ne l’est pas tellement : tout ! Tout ce qui compose un texte doit être travaillé, retravaillé, peaufiné. Il n’y a pas d’autre manière d’écrire.
Écrivez-vous dans la douleur ou dans la joie?
Dans la vie. Mes livres ne sont pas des livres de douleur ni de joie. Même dixhuitjuilletdeuxmillequatre, écrit à propos de la mort de ma mère, n’est pas un livre écrit dans la douleur. Dans le trouble, dans une certaine forme de colère, mais c’est tout. Mon écriture n’est pas cathartique.
Quelles sont les erreurs que vous avez commises dans vos premiers textes, et que vous vous gardez bien de commettre encore?
Sauf de nombreuses erreurs de grammaire et de… goût, j’ai confiance que j’écris mieux aujourd’hui qu’hier.
Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits?
On l’est toujours, toujours. Plus on a investi de temps et d’énergie dans un livre, plus on le croit réussi et unique, plus on sera sensible à la critique. Écrire demeure un acte fondamentalement solitaire, un acte dont à peu près la seule « récompense » demeure la reconnaissance.
Comment définiriez-vous votre style d’écriture?
Hum… En poésie : après une période surréaliste, une période formaliste et, maintenant, retour vers le surréalisme, mais toujours, toujours, une vision baroque du monde. En roman jeunesse, j’essaie de faire autre, autrement, ailleurs, pas dans les règles, disons.
Que pensez-vous de vos premiers ouvrages publiés?
Je les aime encore. J’en suis fier, même si certains étaient peut-être limite côté lisibilité. Ils font tous partie de la bâtisse, de l’architecture de mon œuvre, chaque étape une étape importante, essentielle. Pas tous des chefs-d’œuvre, loin de là, mais ils font partie de ma démarche, de mon histoire.
Y a-t-il des manuscrits qui dorment dans vos tiroirs? Pourquoi les y laissez-vous?
Que des manuscrits abandonnés parce qu’ils ne fonctionnaient pas ou parce que j’avais perdu intérêt. La suite aux Fantômes bleus sont les plus malheureux (Québec Amérique, 2005), abandonné parce que j’avais perdu le fil de l’histoire. Un recueil de poésies pour enfants plutôt déjanté qui semblait faire peur aux éditeurs à qui je l’ai montré ; ce manuscrit, toutefois, j’y reviendrai peut-être un jour, car l’idée était bonne. Ceci dit, je n’écris pas suffisamment pour me retrouver avec plein de manuscrits moribonds dans mes tiroirs.
Complétez à votre guise l’énoncé suivant : « Écrire c’est… »
Décrire, interpréter, voir, rêver, faire rêver (mais aussi déranger, secouer un peu beaucoup), se poser à peu près toutes les questions du monde et y répondre de temps à autre, avec humilité, rechercher, explorer (je me répète), découvrir (parfois), exercer son métier avec soin et courage et obstination.
Lorsque vous êtes en processus d’écriture, lisez-vous d’autres auteurs sur le sujet qui vous préoccupe?
En poésie, aucun problème. J’ai relu beaucoup de poèmes de Breton récemment et ça ma donné le souffle pour écrire un long poème – qui s’ajoute à un recueil déjà en cours : inspiration, émulation si l’on veut, se laisser porter par l’enthousiasme de la lecture d’un texte magistral. En jeunesse, j’essaie d’éviter afin de ne pas tomber dans une espèce de mimétisme au niveau du style (aucun rapport avec le plagiat).
Visitez le site web officielde l'auteur: www.rogerdesroches.com
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